Sonia Déléani

« Ne demande pas ton chemin à quelqu’un qui le connaît, car tu ne pourras pas t’égarer. »
Rabbi Nahman De Braslav
En prenant le chemin de la céramique il y a quelques années, je ne pensais pas qu’il serait aussi facile d’y perdre ses repères, ses certitudes, sa stabilité, au profit de la découverte, de l’éternel surgissement enfantin, des pieds et des mains, dans la terre, jusqu’aux oreilles et plein les yeux.
Je cherche, je ne sais rien faire d’autre, des racines et des ailes, des paysages toscans, des bouts de météorites et l’envie d’insister, jeter des ponts entre la nature et l’objet.
La terre, fuyante sous les doigts, inscrustée sous les ongles, exigeante autant que bienveillante, m’apprend l’humilité et l’ignorance, que surimprime l’instinct de joie. Garder l’oeil sauvage. Faire quelque chose de beau avec de la boue, l’aide du feu. Une sorte d’alchimie qui se réinvente en écho.
Les quelques pièces présentées pour l’instant à «Terre D’Art» sont la partie plus sculpturale de mon travail, même si je ne dresse pas de hiérarchie entre vaisselle et sculpture, entre fonctionnalité et formalité.  » Car les choses qui me viennent à l’esprit ne me viennent pas à l’esprit par leur racine, mais seulement quelque part vers leur milieu…  » Kafka